Shaun of the dead



En chaque vivant britannique, sommeille un zombie. Démarche zombiesque après un réveil difficile, imitation grandiloquente et tordante, prostrations et vagues à l'âme, râles zombiesques dans un interphone, vivants déjà morts (les clients et le patron d'un pub, les clients et les caissières d'un supermarché, les jeunes dans la rue, les passagers d'un bus). Alors que l'invasion a déjà commencé, dans le pays, autour de lui, Shaun mettra longtemps à voir la différence. Les zombies de sa majesté sont plus sympas et plus drôles que les zombies yankees.
Et lorsque le zombie apparaît, le britannique se libère, s'affranchit des règles de conduite (t'es conscient que c'est limité à 30 ?) sans toutefois oublier ses bonnes vieilles manières : il n'oublie pas le tea time ; il s'arrête après avoir renversé un piéton (déjà mort, Dieu soit loué).

Tu viens faire quoi ?
Te mettre à l'abri.
On l'était avant ton arrivée.
Tu crois çà ?
Ils étaient deux avant. Ils sont combien maintenant ?
Plein.

L'anglais est toujours princier avec les dames, mais ses plans sont toujours foireux. Pour un anglais en proie à l'invasion, il n'y a pas d'autre refuge possible que son lieu de consommation fétiche, son pub favori, "un lieu sûr et familier" : pour connaître les issues et pouvoir fumer.
Le plan de Shaun ne fera pas long feu (sa petite copine ne manquera pas d'être étonnée à l'annonce d'un plan) car le mort-vivant n'oublie pas également ses vieilles habitudes :

Je m'assure que la voie est libre.
Elle est libre ?
Non.
Combien ?
Plein.



Mais l'anglais n'a jamais dit son dernier mot, l'anglais est sournois et rusé, davantage que le yankee qui abuse des armes de destruction massive pour venir à bout des envahisseurs encerclant son lieu de consommation préféré (un centre commercial géant). L'anglais préfère user de la queue de billard sur du Queen que déployer le fusil d'assaut sur des Goblins.
Avant de se lancer, l'anglais ne peut s'empêcher de répéter :

On secoue les bras. On s'assouplit. Observez bien le mouvement. Ils clopinent comme des somnambules. Le regard est triste, un peu tristounet. Comme l'ivrogne hébété. On essaie, Liz. Bien, surtout la voix. Excellent, Barbara.
Pardon, j'étais ailleurs.
Tu es mort et tu detestes çà. Bien mieux.
Je le ferai à la première.
C'est la première.
C'est quoi çà.
Vas-y ! Qui t'a nommé roi des zombies ?
Mortel.
Tous ensemble : Un, deux, trois ...

L'anglais peut être pacifiste et ne pas vouloir prendre les armes pour bouter le zombie de son pub, mais il est prêt à tuer la mère d'un rival pour régler une vieille rancune amoureuse :

Elle reviendra. Elle va changer.
C'est ma mère.
C'est un zombie.
Dis pas çà. Touche pas à maman.

L'anglaise ferait n'importe quoi par amour, elle perdrait son bon sens pour récuperer son fiancé aux zombies l'ayant déchiqueté : j'arrive, David.



L'anglais est également fidèle à ses amis, qu'ils soient morts ou vivants, ou les deux ; l'anglais ne renonce jamais à une belle amitié : Shaun sera toujours aux côtés d'Ed, Shaun jouera toujours avec lui aux jeux vidéos.

Montre moi quel zombie tu fais, je te dirais qui tu es.

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