Collateral



Max est chauffeur de taxi. Vincent est tueur à gage. Vincent ressemble à un loup. Un loup gris. Max rêve des Maldives. Vincent ne rêve plus à rien. Depuis longtemps. Au début, Max échange son rêve, sa carte postale des Maldives, avec la carte de visite d'une jolie cliente, autre paradis possible. Max est du genre à toucher ses clients.
Une nuit, Vincent loue les services de Max et de son taxi. Max ne comprend pas tout de suite quand un type explose son pare-brise et le toit de son taxi : çà va, mec ? Cette nuit-là, on a commandé cinq courses à Vincent. Cette nuit-là, Max et Vincent vont même croiser des coyotes. Des vrais. Même que les yeux des coyotes brillent dans les phares du taxi. Même que pour la première fois on voit aussi une lueur dans ceux de Vincent. Reconnaissance des siens ? Beauté de l'apparition ? Beaucoup des deux sans doute. Des loups d'Amérique venus du désert perdus dans la ville, perdus dans la ville des lumières, perdus dans Los Angeles. La ville de Mann.
Au dernier arrêt, Max veut en finir et envoie son taxi sur le toit. Vincent quitte Max pour finir sa course seul, sans en finir avec Max. Pour la première fois. Car Max a touché Vincent. Max poursuit Vincent pour l'empecher d'accomplir sa dernière course.
Et Vincent de terminer son existence comme Batty le Nexus terminait la sienne. Devant sa proie, la tête baissée. Et de comprendre le prix de l'existence, en la terminant.

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