Love Letter



Parce que la douce Hiroko Watanabe ne s'est pas résolue à dire adieu à son âme soeur, Fujii Itsuki, un jeune homme disparu lors d'un accident d'alpinisme, la jeune femme lui adresse une lettre lui demandant de ses nouvelles. La poste japonaise n'ayant jamais dit son dernier mot fait parvenir cette lettre à une jeune femme répondant également au nom de Fujii Itsuki, jumelle de Hiroko ayant cotoyé son homonyme sur les bancs de l'école. Hiroko et Itsuki échangent alors une correspondance, donnant l'occasion à la première de s'approprier les souvenirs de la seconde : pour cultiver la mémoire du disparu. Hiroko est en quête de souvenirs.
Dès les premières images montrant Hiroko couchée dans la neige, se relever pour descendre une colline et aller se recueillir sur la tombe d'Itsuki, et dès les premières notes de piano qui épousent le vague à l'âme de la jeune femme, Iwai invoque un drame du souvenir davantage qu'un mélodrame du deuil. Nul violon, mais l'émotion est à son comble lorsque les soutras déclamés par un bonze viennent se mêler à la musique de Remedios.
Distillant un doux parfum, celui d'une cour d'école, celui d'une bibliothèque, celui d'un chaleureux foyer, Love Letter, dans son ambiance hivernale joliment restituée, plonge le spectateur dans une profonde nostalgie. Celle de son enfance.
Parce que Love Letter m'a offert l'une de mes plus belles émotions de cinéma et donc de vie, Love Letter finit par devenir également un souvenir. Un souvenir magique car invoquable à tout moment.
Le plus beau film d'Iwai diffuse la même mélancolie poignante que les films de Naruse, de celle qui laisse en vous une trace indélébile. A l'image du merveilleux sourire que l'adolescente Itsuki adresse à l'adolescent Itsuki quand celui-ci, maladroitement, lui exprime ses condoléances pour la mort de son père.

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