Buffy contre les vampires



Tu t'es surpassée. Tu as bien failli avoir raison de moi. Que veux-tu de plus ? Ces paroles sont celles du Premier, le Mal suprême (sous les traits de Buffy), qui s'adresse à la Tueuse, soi-disant mourante. On pourrait tout aussi bien appliquer ce "what more you want ?" au spectateur lui-même tant il en a reçu plein les yeux, les oreilles, et au passage un supplément d'âme ; on serait alors tenté de répondre : Angel.
Je veux que tu disparaisses de ma vue. C'est la réponse de Buffy qui se relève, le visage sur-déterminé. Buffy se relève toujours, le mal recule encore. C'est la conclusion du versant héroïque de la série. Sa plus belle signature.

Je la sens, Buffy ... mon âme. Ces paroles sont celles de Spike, le vampire prêt à assumer jusqu'au bout son statut de champion. Buffy qui lui dit ce qu'il a toujours voulu entendre, Spike qui la remercie : c'est faux. Mais merci de l'avoir dit. Le feu marche avec Spike et Buffy.
Il est aussi question de feu dans l'épisode musical Once more with feeling et dans la flamboyante chanson "allons braver le feu". Elle est attirée par le feu, clame le démon chanteur. Je n'ai pas d'autre destination, confirme Buffy. Que le spectacle commence, annonce le démon lorsque Buffy, sur une note spaghetti, pénètre dans son repaire, en envoyant valdinguer sa porte d'entrée.
Et lorsque Buffy et Spike finisssent dans une tombe, six pieds sous terre, il va de soi que Buffy le chevauche. Spike : laisse moi reposer en paix. Buffy s'enfuit. Une dernière fois. Spike : tu ne restes pas ? Car Buffy contre les vampires est une quête existentielle, celle de Buffy bien-sûr, mais aussi celle de Spike à la recherche de son ghost. Et de Buffy. Spike qui, contrairement à Angel, n'a pas récupéré son âme à la suite d'une malédiction : le vampire peroxidé l'a souhaité et conquis pour conquérir le coeur et l'âme de Buffy, pour qu'elle ait et recoive ce qu'elle "mérite".
Le spectacle est garanti ... c'est ce que tu voulais, non ? Et elle le regardera avec compassion. Lorsque Spike dévoile cette fameuse étincelle à la Tueuse (une flamme qui le dévore), la scène donne l'occasion à James Marsters de prouver son phénoménal talent d'acteur dont le jeu est alors proprement époustouflant, tant il est dense et bouleversant.

Tu es prête : d'un geste de la main, Faith soulage Buffy. Buffy qui se réveille à l'hôpital. Faith, envoyée dans le coma par Buffy, est dans la pièce voisine. Buffy répond au geste de Faith en l'embrassant sur le front. Faith, qui communie avec l'esprit de Buffy, vient de lui donner la clef pour éliminer son patron, le maire maléfique, et en profite pour lui révéler la suite des événements (en évoquant la venue prochaine d'une autre clef).

Encore un truc que tu veux finir toute seule, déclare Angel venu à la rescousse de Buffy mise à mal par Caleb (monstrueux Nathan Fillion), le serviteur du Premier. Si çà ne t'ennuie pas, confirme Buffy. Tu es prête à en finir, salope, lance Caleb. Le combat titanesque qui s'ensuit se termine comme il se doit par une émasculation ! Cette perte d'attributs mâles et l'éviction d'Angel sont bien entendu fortement symboliques, elles viennent conclure en beauté l'esprit de la série : la jeune fille (une jolie blonde californienne) mène la danse.

Je n'ai jamais avalé quelque chose d'aussi bon, déclare Buffy à Wood, le principal du collège qui l'invite à dîner dans un restaurant français. Dans Buffy, les allusions sexuelles, nombreuses, sont fameuses. Car Buffy est une série adulte sur l'adolescence, des premiers émois amoureux au déchaînement des instincts (la sexualité débridée et sauvage de Faith, les relations maso de Spike et Buffy) à l'épanouissement (l'accomplissement) sexuel (les relations homosexuelles entre Tara et Willow).

On a sous-estimé Babe, le cochon dans la ville, dit Andrew. Ne pense pas à Babe. Tu es Conan. Tu es le destructeur. C'est toi contre la nature. Tu es un chasseur. Un primitif. Tu vis de ta chasse. Tu es Andrew. C'est toi qui fixes tes règles. C'est tué ou être tué, lance le Premier (sous les traits de Warren) afin de motiver Andrew pour sacrifier ... un bébé cochon ! çà va aller, cochon, crie Andrew avant de se jeter sur l'animal, armé d'un féroce couteau. La tentative d'abattage échoue lamentablement, au grand dam du Premier.
Buffy veut bière, lance Buffy réduite à l'état de femme de cro-magnon. Giles, très british, qui répond : non, il en est hors de question. Buffy, les épaules voutées, se tourne vers Giles et lui adresse un regard mauvais : veux bière. Ne décevez pas la tueuse des cavernes, déclare Alex avant que Buffy ne se frappe violemment la poitrine pour impressionner son observateur. Et le spectateur.

Avec Buffy, tout commence par des dialogues brillants (d'excitants préliminaires) et tout se finit par une action, héroïque ou comique. Car Buffy est tout cela : une série émouvante, drôle, épique, jouissive, à l'image de sa formidable série dérivée : Angel.

Merci Joss.

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