Companeros



Réalisé par l'un des trois grands Sergio de l'Histoire du cinéma, le film de Corbucci s'ouvre sur un générique beau à couper le souffle, sans autre artifice que celui du score épique de Morricone. La caméra, amoureuse, colle une jeune mariée qui court dans un village déserté. Elle rejoint deux hommes qui s'apprêtent à un duel, pour faire sonner la cloche qui doit les départager. Companeros est construit sur un flashback qui retrace les (més)aventures du Basque dit Vasco et du Suédois dit Pingouin, pour les conclure par cette confrontation et un sourire, celui qu'arbore le facétieux Tomas Milian, accueillant la chevauchée fantastique de Franco Nero, l'un des acteurs les plus formidables que la Terre ait jamais porté. Avant tout, il convient de préciser que Vamos a matar companeros s'apprécie pleinement dans la langue natale de ses interprètes, la complicité des acteurs, l'un des atouts majeurs du film, étant infiniment plus parlante. Tout commence par l'arrivée à San Bernardino du pingouin, ainsi surnommé par Vasco en raison de sa démarche chaloupée et son habit noir et blanc. Le Suédois nous fait savoir que le Basque, lors de leur première rencontre, avait encore moins de cervelle. Nommé lieutenant par un général fantoche se servant de la révolution mexicaine à des fins personnelles, Vasco n'en a alors aucune. D'une conscience révolutionnaire, il ne pouvait donc en être doté. Ce n'est pas le Suédois qui allait lui en fournir une. Le pingouin était là pour faire affaire. La rencontre avec Lola (au début de l'histoire, Vasco a de bien curieuses manières avec elle), passionnaria d'un petit groupe de jeunes révolutionnaires idéalistes et fougueux, et avec le professeur Xantos (le maître à pensée) donnera au Basque cette fameuse conscience, pour lutter à leurs côtés, contre le général fantoche d'abord, et contre l'armée régulière ensuite. Dorénavant, Vasco n'aura plus besoin de garder autour du cou le dollar donné par le Suédois au début du film (pour symboliser et lui rappeler son absence de matières grises !).
Vamos a matar companeros ...

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