Il était une fois en Chine 3



Affrontant tous les défis avec courage. Mon sang est plus chaud que le soleil. Avec une volonté invincible. Et un corps puissant. Avec des sentiments nobles. Et un regard qui voit loin. Je m'applique ardemment. A être un héros. Être un héros. On doit lutter pour s'améliorer chaque jour. Être un héros passionné. Comme le soleil ardent. Être un héros. Mon sang est chaud. Plus chaud que le soleil. Être un héros. Mon sang est chaud. Plus chaud que le soleil.

Ces paroles sont celles qui ouvrent et clôturent le troisième volet de la saga de Tsui Hark. Elles appartiennent au fabuleux générique de la série des Il était une fois en Chine et accompagnent ici la fameuse danse du lion.
Emotion et grand spectacle sont au rendez-vous de ce volume 3. Le premier était tragique et mythologique : Wong Fei-hung était en lutte contre l'esclavage et l'esclavagisme des siens. Contre aussi les étrangers envahisseurs. D'aucuns diraient que le second était son contraire : d'un anti-nationalisme farouche. Wong Fei-hung était en lutte contre le fanatisme et l'usurpation.
Il était une fois en Chine 3 revient à cette innocence que peut parfois afficher Tsui Hark. Celle qu'affichait dans le premier volet le regard de Wong Fei-hung emprisonné, juste avant d'être libéré. Celle qu'affiche Wong Fei-hung et sa dulcinée s'envolant à l'aide d'une étoffe, caméra à la main. Tout un symbole du cinéma de Tsui. Aérien, non sujet à la pesanteur. Volage. L'une des plus belles images qu'il nous ait offert et qu'il ait offert au Septième art.
Il était une fois en Chine 3 est donc un film généreux. Tout le contraire du monstrueux The Blade.
Généreux, parce que Wong Fei-hung séduit plus que jamais. Même les chiens méchants. Pied-Bot (impressionnant Hung Yan-yan, le futur grand vilain de The Blade), enragé au début du métrage et magnifique personnage, sera aux côtés de Wong Fei-hung à la fin et brandira fièrement son étendard.
Généreux, parce qu'il nous offre l'un des plus beaux portraits de femme du cinéma, celui de la délicieuse Tante Yi (adorable Rosamund Kwan), une femme en avance sur le temps rétrograde de la Chine, incarné notablement par un Wong Fei-hung dépassé par les événements.
Généreux, parce que Tante Yi nous gratifie d'une belle leçon d'anglais (I love you) lors de l'une des plus belles scènes d'amour de l'histoire du cinéma et que Wong Fei-hung réplique par une grâcieuse envolée sous le regard incrédule de ses disciples.
Généreux dans son kung fu coloré et masqué, les lions de Chine n'ont jamais formé ballets aussi flamboyants.
Généreux enfin, parce que Tsui revient sur les racines de son art, en donnant l'occasion à Tante Yi de mettre en scène les premiers katas du plus beau des arts martiaux, esquissant et laissant augurer pour le kung fu un potentiel cinématographique grandiose.
Le pouvoir de séduction de ce troisième volet est resté intact avec les années et la tendance actuelle à l'esbrouffe et l'épate. Jet Li n'a jamais été aussi beau.

On est tous des perdants. Seuls les braves armés de sagesse sont invincibles. En plus de promouvoir les arts martiaux, on doit éduquer notre peuple. Ce n'est qu'en atteignant ce but que notre pays sera fort.

Ainsi parlait Wong Fei-hung avant de tourner le dos à la tribune des officiels de la Cour impériale de Chine. Le plus grand héros chinois vient de donner une leçon. Elle restera bien entendu lettre morte.

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