La dernière caravane



A bien des égards, Le dernier des mohicans fait écho à La dernière caravane. A plus d'un titre, le cinéma de Michael Mann répond à celui de Delmer Daves. Même lyrisme, mêmes échappées élégiaques, mêmes trouées dans l'âme humaine. Sans raconter la même histoire, La dernière caravane et Le dernier des mohicans parlent de la même chose, l'impossible cohabitation et l'incommunicabilité entre les races, mettent en scène le même personnage investi de deux cultures (Daniel Day Lewis et Richard Widmark).
Western somptueux réalisé par l'auteur de 3h10 pour Yuma, tourné en scope et en couleurs (parmi les plus belles vues sur un écran), La dernière caravane raconte la survie en territoire hostile, celui des Apaches mescaleros (de magnifiques montagnes escarpées), d'un blanc élevé par les Commanches recherché pour meurtres, d'un jeune garçon et de sa grande soeur (délicieuse et sensuelle Felicia Farr), de deux soeurs (l'une blanche, l'autre métisse), et de deux jeunes blancs becs.
Des personnages qui ont droit à beaucoup d'attention de la part de Delmer Daves. A commencer par celui joué par Widmark, héros né de la tragédie : sa femme et ses enfants, Commanches, ont été massacrés par des blancs, d'où les meurtres commis pour les venger. Sans oublier l'autre héros de l'histoire, le père de la métisse, guide de la caravane mais aussi guide spirituel de la communauté, modèle d'intégrité, modèle à suivre.
Si le film laisse entrevoir la question de l'héritage (la métisse revendique le sang de sa mère, notablement à travers ses vêtements chatoyants), La dernière caravane n'est pas pour autant un western "pro-indien" mais le récit d'une aventure humaine dont l'épilogue est un intense plaidoyer, celui du personnage de Widmark comparaissant devant ses juges, et dont le pic émotionnel est un frère portant le corps sans vie de sa petite soeur tuée par les Apaches.

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