Ali


Ali ne déroge pas aux autres films de Michael Mann. Ali raconte l'histoire d'une solitude. Célébrée par une caméra sensationnelle : un big bang cinématographique tour à tour explosions/feux d'artifice, style coup de poing/style virtuose, cinéma-vérité/cinéma extatique. Et scandée par une musique en adéquation, tantôt en apesanteur, tantôt dominée par les percussions. Ali, ce n'est pas l'histoire d'une conversion, c'est celle d'un non. Celui de Cassius Clay, de Cassius X puis de Muhammad Ali. Non à l'Amerique ségrégationniste des années 60. Non à une guerre qui n'est pas la sienne. Non à un nom d'esclave. C'est oublier qu'Ali n'est pas non plus le nom de ses ancêtres africains. Mais un nom voulu par un gourou. On ne connaîtra jamais le véritable nom d'Ali. Ali, c'est aussi l'histoire d'un retour aux sources. Africaines. Le continent des origines déclinée par Mann à travers ce voyage au Liberia mais surtout au Zaïre, invoqué et chanté par les tams tams et les coeurs d'Afrique. C'est naturellement dans les rues de Kinshasa que l'émotion est à son comble lorsque le jogging d'Ali se transforme en pélerinage. Lorsqu'Ali découvre ces fresques le représentant dans ses combats et ses victoires, autant politiques que sportifs. Bienvenue chez toi, c'est surtout le sens de ces dessins magnifiques qui retracent la servitude et la déportation de l'homme noir, le retour au pays d'un de ses enfants et les poings levés de sa victoire. Ici, pas question de religion. Ali n'a jamais été le champion d'une religion. Les dernières images du film montrent Ali, champion de l'Afrique, terre de ses ancêtres, après avoir été le champion du peuple afro-américain. Ali qui offre sa victoire finale au peuple de Kinshasa, après avoir offert ses victoires américaines aux noirs américains. Ali l'africain.

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