Stalker


Sortir des sentiers battus, telle est l'exigence pour accéder à la Zone et au film de Tarkovski.
Oublier ses repères habituels, n'en pas croire ses yeux ni ses oreilles, rester sur ses gardes, telle est la voie du Stalker, passeur d'âmes, pour pénétrer l'impénétrable. Sans en déflorer le mystère.
Sonder les âmes avant de s'offrir, telle est la Zone. S'offrir sans rien offrir sauf à révéler, tel est le bon vouloir de la Zone. Miroir des âmes et des états d'âme, la Zone ne révèle rien sur elle-même. Tout sur ses visiteurs.
A offrir ses couleurs dans un monde noir et blanc, à placer la nature toute puissante au coeur du message, comme cadeau et mise en garde, à faire émerger le beau du pourri, à noyer le beau dans le pourri, la Zone est tout à la fois désirable et dangereuse, belle et sauvage, sensuelle et repoussante, tentatrice et effrayante, séductrice et farouche, toujours imprévisible.
Aussi labyrinthique et insaisissable que la Zone, le film de Tarkovski donne au spectateur ce qu'il veut bien voir, le conduit aussi bien au paradis qu'à l'enfer, à l'élévation qu'à la dépression, reflète son âme et son état d'âme.
Figure de la matrice, la Zone, à l'instar de Stalker, se laisse difficilement approcher et n'est jamais dompté.

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