Pat Garrett et Billy le Kid



Billy : T'as pas été jusqu'à 10.
Alamosa : J'ai jamais su compter.

Pour échapper à Garrett, pour ne pas devoir affronter Pat, Billy, conseillé par Alias, poussé par Pat, pleuré par sa jolie chica, se résoud à quitter le pays. Aller au Mexique pour calmer les esprits. Sur sa route, il croise Alamosa, un ancien complice devenu adjoint de Garrett. Billy lui demande de faire comme s’il ne l’avait pas vu. Alamosa qui a prêté serment refuse. De perdre à nouveau un ami, Billy meurt à chaque fois un peu plus.



Paco : Je vais te dire la maison que je veux construire. Pas ici. Pour nous, amigo. De l'autre côté, au Mexique. Je vendrai mes moutons. Je la construirai à la mexicaine. Tu sais, Billy, je planterai une vigne sous la véranda. Et j'aurai trois chaises. Je m'assiérai au milieu et quiconque offensera la nature ou ma mère, je lui ferai sauter la cervelle. Como sientes tu, Billy ?

Impossible de ne pas voir Peckinpah, adepte du rêve mexicain, se projetter en Paco, l’éleveur de moutons qui, conscient de s’être trompé de rêve, veut retourner au Mexique pour y mener une vie en accord avec ses origines et avec la terre qui l’a vu naître. Mais Paco, rattrapé par les hommes de Chisum (qui vont lui tuer ses moutons, qui vont le torturer, qui vont violer sa femme à côté de leur nouveau-né), ne reverra pas son Mexique.Impossible retour en arrière pour Paco/Peckinpah. Billy se dit fatigué et déclare y retourner. Vers Garrett.



Modifiée dans le montage de 2005, cette séquence, pourtant magnifique dans la version de 1988, n'est pas dédiée au Kid, mais à celui qui ne voit plus les cartes. A celui qui voulait faire boire les chevaux. A celui qui n'a pas eu le temps de dégainer, ni de voir les tireurs qui, sans sommation, lui ont logé deux balles dans le ventre. A celui qui n'a désormais plus peur. A celui qui va se relever, pour, dans un dernier baroud de vie, affronter les hommes de Garrett. A un personnage dont le spectateur ignore tout. C'est là la grande force du cinéma de Peckinpah que d'apporter à l'agonie de ces personnages périphériques et sans passé une grande mélancolie. Aussi grande que celle des personnages principaux.

1 commentaire:

Jean Dorel a dit…

c'est bien d'écrire sur le grand Sam. Il est un peu oublié...