28 semaines plus tard



Grande-Bretagne, année zero.
28 semaines plus tard, l'infection a été éradiquée. L'armée américaine sous commandement de l'Otan veille à l'épuration et à la reconstruction de Londres après avoir veillé à l'élimination des contaminés, quasiment toute la population britannique. Les rares survivants ont élu domicile dans un quartier haute sécurité, bénéficiant de la protection et de la surveillance rapprochée des commandos US, la seconde mission devant l'emporter sur la première. La guerre est officiellement gagnée. Le film parle de l'après-guerre et de l'incapacité à gérer la paix, la découverte d'un vaccin, seul capable de mettre définitivement fin à la menace, n'étant pas vue comme une priorité par les nouvelles autorités. Les moyens ne seront jamais suffisants pour enrayer la cause. La paix ne peut et ne doit être gérée par les militaires. C'est le message du film dont la toile de fond est la guerre d'Irak. Le général américain ne parle que de code rouge, synonyme d'éradication. L'abandon du tir sélectif par les snipers, climax spectaculaire et narratif du film (la cible en trop), sera le prélude à la vieille tradition US du napalm, avant la finition au gaz puis aux lances-flammes (pic visuel et émotionnel). Le chirurgical n'a jamais été le point fort des militaires américains.
A la réalisation, Juan Carlos Fresnadillo succède à Danny Boyle. Rappelant celle de Tsui Hark pour Time and Tide, elle embarque le spectateur dans un grand huit, impressionnant et extrême, alternant vitesse vertigineuse et chaotique, phénoménales accélérations et brutales décélérations, violentes secousses et moments d'ivresse (le frère et la soeur qui traversent une ville déserte). Toujours à bon escient, le réalisateur fait usage de la caméra portée pour accentuer le caractère effréné des courses-poursuites, compose des travellings hallucinants pour souligner des changements radicaux de points de vue et désorienter le spectateur, les clôturant généralement (pour décupler leur impact) par des gros plans de visages saisissants ou des plans rapprochés sensationnels. A susciter ainsi une tension dramatique époustouflante et une perception maximale de l'horreur, la mise en scène s'impose comme le tour de force de 28 semaines plus tard.
Mais le coeur du réacteur est ailleurs, il est dans ce regard extra-terrestre, celui de la jeune actrice jouant Tammy, azuré et immense, véritable océan dans lequel plonge et se perd le spectateur, inquiétant et captivant, attirant et dangereux. Un regard émouvant à ce qu'il reflète la détermination de l'héroïne à protéger son petit frère. A tout prix. Un regard qui, à la fin du film, lors de la séquence du stade, finit par devenir translucide.

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