Dilwale Dulhania Le Jayenge



Les chants des rossignols, au printemps,
Evoquent les souvenirs des bons moments,
Il est encore temps de se prélasser
Sous les branches des grands figuiers
Reviens, voyageur,
Ton pays te réclame avec ardeur...

Le charme du cinéma indien tient beaucoup en sa faculté d'abolir les frontières spatio-temporelles, de s'affranchir de la gravité terrestre, à sa relation unique et privilégiée avec l'univers. Dans le cas du film d'Aditya Chopra, il s'agit de traduire avec force éloquence et force poésie l'état d'âme de ses personnages.
Ainsi, la séquence d'ouverture de Dilwale Dulhania Le Jayenge témoigne de cette propension à faire usage de la téléportation comme moyen d'évasion. De se soustraire à l'exil. De retrouver une sérennité perdue. Chaudhry Baldev Singh, dans un square de Londres, donne à manger à des pigeons. Avant de fermer les yeux pour se projeter au Penjab, et nourrir des colombes qui comprennent son langage. Les champs et les jeunes filles en fleurs, leurs couleurs chatoyantes et leurs parfums enivrants, viennent remplacer les tristes et gris pavés londoniens, leurs chants mélodieux appellant au retour du voyageur succèdent au son cérémonieux des cloches anglicanes.
Aussi, Simran, fille de Chaudhry Baldev Singh, promise à une brute et recluse dans une maison qui ne veut pas son bonheur, fera le chemin inverse. Après avoir croisé une vache germaine, et entendu le joli son de sa cloche, Simran retrouve son prince charmant et charmeur. Avant de se projeter en Europe, sur ses terres romantiques.
Surtout, dans les yeux flamboyants de Simran et de Raj, outre le reflet de l'âme soeur, il est aisé de capter que nous pouvons être davantage que poussière, il est aisé de se convaincre que nous sommes, en réalité et comme toute chose, matière d'étoile.
Enfin, nulle autre poésie ne parvient à traduire aussi bien ce que peut procurer le cinéma indien :
Tes larmes qui ont coulé de mes yeux ont redonné le sourire à mes peines.

6 commentaires:

A2line a dit…

je pense que la vache est helvétique, mais qu'importe, son apparition au coeur du Punjab est proprement fantastique. Un grand moment de poésie surréaliste.

Rom a dit…

je pense aussi que la vache est hélvète. Mais côté allemand. Lol. En disant germaine, j'ai visé large. C'est le chapeau de Raj à tendance tyrolienne qui est trompeur. Au fait c'est Punjab ou Penjab ? Le sous titre dit effectivement Punjab.

A2line a dit…

vu d'Inde, l'Europe semble être un étrange imbroglio de langues et de cultures. Dans Hum Dil de Chuke Sanam, les Italiens ont un fort accent germanique et dansent sur des musiques traditionnelles hongroises...

"je pense aussi que la vache est hélvète. Mais côté allemand."
tant qu'on ne l'aura pas entendu meugler, on ne pourra que faire des conjectures. lol.

pour le Punjab, les transcriptions de l'écriture hindi sont toujours assez aléatoires.
Voici ce que dit wikipedia :
"Le Penjab - ou Panjâb, Pendjab ou Punjab - désigne des subdivisions de l'Inde et du Pakistan [...]Panjâb signifie « (le pays des) cinq rivières » (Pan est la même racine que le grec penta.)"

on est bien avancé ...

Rom a dit…

Lol sur les conjectures. Avant de voir DDLJ, phonétiquement j'avais toujours entendu dire Pendjab.

yves a dit…

J'ai bien aimé ton insistance sur cette scène de début: l'exil, la douleur du pays qui manque, cette fixité qui vient des gestes familiers refaits en terre étrangère... Je l'aime d'autant que Trafalgar Sqaure est pour moi l'évocation de mon pays, l'Angleterre, mon enfance, et que je ressens très bien ce que dit le réalisateur à travers elle.
Au fait, si tu es intéressé par ce que je raconte sur le film, tiens:
http://www.letstalkaboutbollywood.com/article-6597031.html
yves

Rom a dit…

Je parcours aussi ton blog qui est très riche, mais comme c'est en anglais, et que je ne le comprends ni ne le parle couramment, c'est plus difficile pour moi. Je m'en vais voir ton post sur Dilwale.