La tanière de la bête



Ne l'appelez plus 701, l'ex-prisonnière est dans la ville : son nouveau terrain de chasse, c'est-à-dire de vengeance et de légitime défense. Sa tanière : les égoûts. Son nouveau gibier : des yakuzas maquereaux et des flics tortionnaires. Son arme fétiche : le couteau. Parfois le scalpel : pour rappeler à un médecin qu'il ne faut pas avorter une jeune prostituée contre sa volonté, sans anésthésie, à 6 mois de grossesse. Parfois la pioche : pour ralentir l'avancée des flics venus la débusquer dans sa tanière. Pour autant, la bête ne frappe que quand elle est acculée. En outre, la bête peut montrer des instincts fraternels : envers ses congénères martyrisées et victimes de l'Oppression, envers une petite soeur d'adoption. Mieux, la bête peut avoir des instincts maternels : par le truchement de la prostituée qu'une mère maquerelle immonde force à avorter, par celui de la petite soeur qu'elle voudrait voir enfanter malgré l'origine incestueuse de la conception.
De feu et de sang, le film de Shunya Ito raconte des histoires de pénétrations non consenties et d'accouchements avortés. Envers et contre les hommes, le désir ambiant de maternité (forcément poignant) crève l'écran. En cela, La tanière de la bête, malgré ses outrances propres au genre, est un film précieux. D'autant plus précieux que Sasori, en arborant un sourire, redevient un bref instant Nami. Un sourire adressé à sa petite soeur venue lui apporter dans sa tanière chaleur et nourriture.

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