La valise

M'enfin, regardez-le Françoise, il est affreux, c'est un singe, il est vulgaire, il est content de lui, il est inculte, il est râleur, il est satisfait : il est Français !...
Je suis parti de Tripoli avant hier, je suis allé en Tunisie, maintenant je vais en Egypte. Mais il n'y a pas de raison que çà s'arrête, je vais faire le tour du monde dans cette putain de valise. Mais je suis maudit, Dieu me fait payer l'addition et je ne sais pas pourquoi. Il me refait le coup du juif errant. Mais il a fignolé la malédiction : moi, je suis condamné à errer dans une valise, et en plus le type qui me porte me fait cocu. Alors, je vous prie de m'excuser, mais mes nerfs lachent : Jean-Pierre Marielle dans La Valise de Georges Lautner.

Agent du Mossad activement recherché par toutes les polices arabes du Maghreb et du Proche Orient, le Commandant Bloch est contraint de voyager dans une valise pour pouvoir rentrer chez lui, à Tel Aviv. Mais de Tel Aviv, le spectateur n'en verra rien. Les protagonistes de cette affaire non plus. De la chambre d'un hôtel tunisien à la soute à bagages d'un avion détourné par des terroristes libyens, Bloch n'est pas libre de ses mouvements et finit par craquer lorsqu'il échoue, avec son porteur et l'élue de son coeur, à bord d'un navire militaire égyptien. D'autant que sa valise est vagabonde et a tendance à échapper aux divers modes de transport usités et aux bagagistes maladroits (Jean Lefebvre et son hernie). D'autant que la tendre Françoise a la cuisse légère et le fait cocu à chaque bonne occasion. Avec le Capitaine Augier agent secret français chargé de le conduire à bon port, mais non disposé à faire l'impasse sur les yeux de biche de Françoise. Avec le Lieutenant Abdou, commandant de la frégate égyptienne, intimement convaincu de la future déroute israëlienne. Avec l'élégant Capitaine de l'armée tunisienne ayant répondu à l'appel de la marseillaise chantée en choeurs par les trois premiers.
Et tous démissionnèrent pour vivre heureux, longtemps, et faire beaucoup d'enfants. Avec la douce Françoise.

Aucun commentaire: