La femme hawksienne



Hawks, on le sait, était un amateur éclairé de belles carrosseries et de cylindrées d'exception. Des fuselages de rêve qui en avaient dans le capot, des cylindrées qui avaient du coffre. Du corps et de la voix, en somme. Autrement dit, Hawks l'aventurier aimait les jolies pépées qui avaient du chien et un esprit bien trempé. Qui avaient du répondant. Avec une capacité d'insolence, à la ville comme à l'écran. Expert en langage féminin, le réalisateur de Rio Bravo offrait à ses actrices des rôles en or, dès lors qu'elles parvenaient à tenir la dragée à ses acteurs fétiches, John Wayne, Bogart, et consorts.
Angie Dickinson fut l'une d'elles. Aux côtés des rutilantes Lauren Bacall, Rita Hayworth et Frances Farmer.

"Tout à coup, cette gamine est apparue, en jupe de gabardine et en tricot. Elle n'avait que dix-neuf ans. Et ma foi, elle parlait d'une voix aiguë et nasillarde. Mais elle était si ardente que je ne pouvais pas la renvoyer chez elle... Alors, elle a été si mauvaise que j'en ai ri aux larmes. Elle a gueulé : "d'accord, espèce de fils de pute !" ... Elle a appris sept accents différents... Elle pouvait jouer n'importe quoi. Et j'ai fini par décider : "je vais lui donner la vedette". Tout le monde m'a répondu : "tu es dingue". Mais çà a marché et elle est instantanément devenue une star" : Howard Hawks évoquant Lauren Bacall.

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