Saludos Hombre



Corri, uomo, corri...
Cours, homme, cours...
Le sens du titre original colle comme de la glue au héros du film, voleur à la petite semaine à la recherche d'un trésor plus gros que son ventre. Et que son cerveau. Un cerveau en manque de neurones et de répères moraux. Le trésor dont il est question est celui de Juarez. 3 millions de dollars cachés dans un village gringo, frontalier du Mexique. Le Mexique de Diaz le dictateur et de Santianna le général révolutionnaire.
L'homme, c'est Cuchillo, surnommé ainsi en raison de sa grande habileté dans le lancer de couteau, et habité par un poignant Tomas Milian. Le film réalisé par le militant Sergio Sollima (Colorado, Le dernier face à face) raconte une cavale à l'envers. Le parcours initiatique d'un peon. Un parcours du combattant où les obstacles, nombreux et symboliques, lui serviront à acquérir cette conscience si chère au cinéaste. A ses trousses, deux mercenaires français à la solde du gouvernement américain, une horde sauvage de bandidos mexicains, un ancien shérif reconverti en chasseur de primes après avoir (momentanément) perdu sa conscience sociale. A ses basques également, une belle américaine de l'armée du salut qui voit le péché partout et voudrait bien faire de lui un digne soldat du seigneur. Sans compter la farouche fiancée d'ascendance guadeloupéenne qui le suit comme son ombre afin de s'assurer d'une petite part du butin pour fonder leur futur foyer.
Dénonciation partisane d'un capitalisme sans foi ni loi, Sollima l'apôtre de la justice sociale n'en oublie pas de nous offrir un spectacle débordant d'énergie, d'intensité, de drôlerie (Cuchillo qui dérobe une montre et qui apprend par sa fiancée qu'elle appartient à un grand pistolero, shérif de surcroît !), porté par un score épique et magnifique de Nicolai. Un spectacle coloré à l'image de cet homme dont la fragilité morale et la faculté physique à surmonter toutes ses crucifixions ne cessent de poursuivre le spectateur à la fin de la projection. Tout comme l'entraînante chanson du générique, interprétée par Milian : Espanto en el corazon... Et surtout son préambule à ficher des frissons :

Mes chers amis, je m'en vais loin faire cette guerre cruelle. Peut-être que le courage naîtra, qu'il se réveillera. Qui sait si l'espoir sera vain ou si la terreur se répandra. Mais soyez sûrs qu'il s'agit là d'une belle chanson, une belle chanson qui est ici dans mon coeur, dès à présent.

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