Je suis Cuba














Je suis Cuba. Une fois, Colomb débarqua ici. Il écrivit dans son journal : "C'est la plus terre que des yeux d'humains aient contemplée. Merci, Senior Colomb ! Quand vous m'avez vue pour la première fois, je chantais et je riais, je saluai les voiles avec mes palmes. Je crus que vous m'apportiez le bonheur. Je suis Cuba. Mon sucre, les caravelles l'emportaient... mes larmes, elles les laissaient. Quelle chose étrange que le sucre, Senior Colomb. Que de larmes en lui. Pourtant, il est doux.

Au début, la caméra survole un paysage de rêve (la mer, des palmiers immaculés) encore vierge, pénètre ensuite, délicatement, dans les terres, parmi les humains. Voir Soy Cuba et s'abstenir de mourir. Voir le film de Kalatozov pour voir à quel point c'est beau une caméra qui fait l'amour. Encore plus beau quand elle est amoureuse de son sujet : Cuba. De son soleil, de sa canne à sucre, de ses forêts de palmiers, de son océan, de ses fils et de ses filles. A pertes de vues. Encore plus beau quand la caméra s'encre à une fille amoureuse. Sans rien lui voler. Une fille au visage d'ange et au si joli sourire. Une fille amoureuse encore vierge des garçons. Amoureuse du sucre de la canne. De l'air du temps et de celui qu'elle engloutit à pleins poumons pour chanter une joyeuse chanson. Une chanson de son pays. Elle ne sait pas...

2 commentaires:

Nio a dit…

Soy Cuba je suppose ?
Il va vraiment falloir que je le voie celui-là un jour ou l'autre.

On n'a qu'une vie mais qu'est-ce qu'on fait pendant cette vie !

Rom a dit…

Oui, Soy Cuba, j'en parle plus bas dans mon blog.
Un film à voir en priorité absolue, pour celui qui aime les cinémas de Tarkovski, Van Sant, Mann. Car Kalatozov est de cette trempe-là : poésie, élégie, extase, magie, émotion sont au programme. Corps et âme.