Les tontons flingueurs



























Quelques plans pour attester que la dynamique comique des Tontons flingueurs ne tient pas seulement au génie dialoguiste d'Audiard et à la formidable carrure des acteurs, mais doit également beaucoup à la mise en scène de Lautner. C'est connu, Lautner était moins bon sans Audiard et Audiard était moins efficace sans Lautner. Ce duo magique du cinéma français marchait au contraste. Comme en témoigne toutes ces images et les scènes qui s'y rapportent, chaque comportement, chaque mouvement, chaque action, chaque expression, possède son contraire. Bien souvent dans le même cadre. A l'actionner agité, trouve souvent un observateur avisé. A la mobilité forcée d'un porte-flingue, trouve l'immobilisme sûr de lui, le flegme supérieur d'un teuton représentant en pastis. Au traumatisme de Raoul, le sourire et le gâteau de Paul. Un regard farceur, une volonté affichée, ne trouvent trop souvent qu'un regard éteint ou une attitude détachée. De brefs et cinglants propos, une attitude légère, voire un magistral bourre-pif, viennent annuler ce qui précédent, un discours enflammé sur l'honneur des hommes, une volonté de rester droit dans ses bottes.
Le cinéma de ce duo, à vrai dire et comme on le voit, doit beaucoup à Bip bip et Coyote. Bien entendu, Bernard Blier est Vil Coyote, Lino Ventura est Bip bip.
Ainsi naît le comique selon Saint Georges et selon Saint Michel.

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