La passion de Marc Antoine









Cleopatre et Marc Antoine, un couple hollywoodien jusque-là. Délavé, très anglo-saxon. Dénaturé, glamour, bienséant, très respectable. Très Taylor et Burton. Très Mankiewicz. Jusqu'à Rome, jusqu'à John Milius qui dynamite le mythe. Qui le rend caduque. Sans pour autant annuler Elisabeth et Richard. Son Cleopatre et Marc Antoine, follement passionné et débauché, est friand de partouzes géantes. Tandis qu'Octave, futur Auguste, est tout occupé à essayer de "civiliser" les moeurs des Romains. "Bientôt" chrétiens. Les préparer au sexe réprimé, opprimé, restreint. Monothéiste, monogame, monotone. Le triumvir de Rome et la dernière reine d'Egypte, eux, baisent dans chaque recoin de leur palais d'Alexandrie. Contre chacune de ses colonnes papyriformes. Débarassés de l'apparat royal. Lui, en gypsy magnifique, des bijoux plein la poitrine, fardé et voilé à l'oriental. Elle, en sauvage amazone. Jouant au tir à l'arc aux dépens de ses conseillers. Ambiance orgiaque et décadente fin de règne, très fellinien. Fin dynastique, fin des Ptolémées. Fin de la grandiose Egypte, déjà bien consommée. Avant ce fameux double suicide, désaccordé. A l'épée romaine et à l'aspic égyptien.

1 commentaire:

MARIEKE a dit…

Je les trouve géniaux dans cette saison. Ils font rêver.