Triangle






Polar déjanté qui part dans tous les sens mais qui au final en trouve un beau, Triangle emprunte beaucoup à l'électricité.
Des électrons en folie, des électrons libres, à qui on assigne néanmoins un but : amener la lumière.
Des électrons à l'image des trois réalisateurs, qui sans perdre leur identité, fournissent la débauche d'énergie nécessaire pour atteindre la magique communion.
Des électrons à l'image des personnages, qui tournent en rond, se croisent, se perdent, se trouvent, s'entrechoquent, se percutent, échangent, sans se mélanger, excités et piégés par un courant conducteur. Qui les ramène tous et toujours au même point, dixit l'un des protagonistes. Sauf qu'à la fin, le trio d'amis cessera de courir après sa chimère, une antique tunique, pour conserver l'essentiel : la vie.
çà saute sans arrêt, sauf qu'à la fin, grâce au génie de Johnnie To, l'électron de valence du trio, la lumière surgit : pure, miraculeuse. Mais comme inéluctable. Tout çà pour çà ? Non, car le segment du frère To est éblouissant.
Film sur les atomes et les photons, se débattant au sein du grand cosmos pour trouver leur petit bout de paradis, le métrage des frères Hark, Lam et To est précieux en ce que les électrons de l'histoire s'en affranchiraient presque, dudit cosmos et dudit métrage. Lors d'un final forcément atomique, plein d'intensité. Mais aussi plein de drôlerie.

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