Fureur apache

Ne pas prendre Fureur apache pour ce qu’il n’est pas : un petit western relatant une colère passagère ou une colère tout court. Fureur apache est un western existentiel. De ceux qui ne restent pas à hauteur d’hommes. Fussent-ils Apaches. De ceux qui invoquent le ciel et les forces mystérieuses qui nous entourent et nous dirigent. Ne pas se méprendre non plus : le film ne raconte pas une cavale. Aldrich, à travers le raid d’Ulzana, filmé comme le dernier des Apaches, vise rien moins qu’à le réconcilier avec sa nature et son environnement. Avec son goût immodéré pour le sang, avec sa violence extrême donc, mais aussi avec sa fantastique capacité de se fondre dans ce qui l’entoure. Une nature violente et caméléon pour répondre à un environnement aride et hostile. Davantage qu'une chasse à l'apache, davantage qu’un raid sanguinaire, Aldrich nous engage dans une quête. Une quête de force et de liberté. En quittant sa réserve, l’Apache Ulzana retrouve ses racines sauvages pour sentir une dernière fois l'odeur du feu et du sang, entendre une dernière fois l'aigle et le coyote, tutoyer une dernière fois les falaises de ses premières chasses. La plus grande réussite d’Aldrich fut de filmer avec respect son dernier baroud d’intégrité. Et le respect chez Aldrich se conjugue forcément avec un souci de véracité, dans la quête d’Ulzana comme dans les horreurs qu’il commet. Depuis, on n’a jamais filmé Apache avec autant de silence et de vérité. Pour s'en convaincre, écouter le coucou avant qu’Ulzana ne rejoigne le grand manitou. Ridley Scott, dix ans plus tard, remplaçait les Apaches par des Androïdes.

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