Trauma



Trauma raconte l’histoire d’une saloperie de lézard qui ne peut s’empêcher de bouffer un joli papillon. En cela, il ne déroge pas aux autres Argento. Sauf qu’ici, on évacue l’histoire giallesque pour n’être chaviré que par l’histoire d’amour entre une mère et son fils à peine né, entre un père et sa fille en formation (et vice-versa, le film se terminant par un touchant “Je t’aime”). Une mère et un père à double facettes. Autrement dit, des meurtres orchestrés par le créateur de nos plus beaux cauchemars, on préfère cette fois l’appel et le requiem à Nicholas ou le regard porté par un père à sa fille en pleine éclosion. Un appel et un regard chuchotés et obsédants, poétiques et troublés. Davantage que l’image castratrice de la mère, récurrente chez le cinéaste transalpin, la figure du père préside le film. Sa première facette, laide, a des attentions et des intentions coupables (dans un rêve qui finit en cauchemar), elle sera décapité (pour écarter toute ambiguité), tandis que la seconde, tutélaire et belle (incarnée par David le héros du film), caresse l'héroïne d’un amour pur et innocent, cherchant à la protéger des affres de l’adolescence. Ici, l’anorexie et le suicide. De voir échapper son enfant, le père en question manifeste une peur bleue. Une peur, un amour éperdus et vertigineux lorsque David se lance à la recherche d'Aura dans un lac noir profond et la retrouve flottante dans un tableau paisible aux motifs enchanteurs. Une peinture mystique et tragique niant les morts passées et avenirs d'Argento. Davantage qu’une histoire de têtes coupées dans un coffre de voiture, Trauma raconte l’histoire d’un magnifique sillage de lune sur un lac tellement opaque et d’un tableau tellement beau, précurseur d’un autre infiniment plus torturé, nommé Le syndrôme de Stendhal.
Aura, reviens. Aura, où es-tu ? Je ne te ferai jamais de mal. Je t'ai cherché partout. Dario ne pouvait être plus éloquent. Asia également.

2 commentaires:

Ishmael a dit…

Ruby year à toi!! (inextremis!)

Rom a dit…

Merci. Moi aussi je t'ai souhaité la bonne année dans ton blog in extremis.
A +, pour de nouvelles aventures bloguesques.