Josey Wales hors-la-loi

Le sang est témoin.

Josey Wales hors-la-loi est l’histoire d’un homme qui, après avoir perdu sa famille nucléaire et anglo-saxonne, rêve en secret d’une famille nombreuse et pluri-ethnique, autrement dit l’histoire de l’Amérique rêvée par un cinéaste injustement taxé de manichéen. L’histoire en l’occurence d’un fermier qui entre en guerre après le massacre des siens.
L’Amérique d’Eastwood est fondée sur un acte violent et traumatique (comme la vraie), mais s’écrit loin des standards wasp ayant prévalu dans le pays et par voie de conséquence à Hollywood. Chez Eastwood, le rêve américain s’épanouit grâce un vieil indien toujours viril qui aimerait retrouver sa furtivité perdue, une jeune squaw encore furtive qui n’a pas la langue dans sa poche, une vierge qui a la tête dans les étoiles et dans les yeux du grand Clint, une vieille bigote qui loue son fils davantage que Dieu, un cabot qui reste fidèle malgré les crachats, une tribu commanche qui, en Josey Wales, a trouvé la version visage pâle de ses propres malheurs et de ses propres souffrances. Remake fictif de Thomas Jeffords (pacificateur de Cochise), Josey Wales est un pacifiste qui s’ignore.
Chez Eastwood, le rêve américain n’est pas mercantile et doit s’affranchir de la tutelle des gouvernements, souvent indignes de confiance. Son cinéma est fait de pactes, nécessairement privés, hors les lois écrites. Le titre du film dit beaucoup. Le héros de l’histoire n’a pas perdu son nom, et le mot Outlaw ne lui est pas associé pour accrocher le chaland en quête de jeunots exaltés, sans une profonde raison.
Mettre sur pellicule son désir avoué de (re)faire une virginité à l’Amérique (elle l’a perdu dès que le premier homme blanc a foulé ses terres), tout en exprimant son désir secret de se taper une vierge, telle a été la volonté d’Eastwood en réalisant Josey Wales hors-la-loi. Josey Wales qui donne foi à ce qui a été dit sur le cinéma américain, véritable sismographe du rêve américain. En 1976, année de réalisation du film, la tête d’Eastwood était à conter fleurette avec sa future et à fraterniser dans le sang avec un chef peau-rouge.

Faudrait voir…

4 commentaires:

ygrael a dit…

Un très joli billet sur un de mes films préféré^^. Un Eastwood grande cuvé a coup sur !

Rom a dit…

Mon Eastwood préféré. La mise en scène n'est pas encore "mûre" mais l'histoire, elle, elle l'est. Rien à ajouter, rien à retrancher. Vu que je n'ai pas encore vu Gran Torino, mais connaissant vaguement l'histoire, serait-ce un remake de Josey Wales ? La recomposition d'une famille.

ygrael a dit…

Effectivement ! Mais d'une manière général tu pourra trouver dans Gran Torino des résurgences de pas mal d'œuvres précédentes d'Eastwood. Une des multiples choses que j'aime dans Josey Wales c'est que le héros soit un soldat sudiste et les salauds des nordiste. Une manière d'attaquer l'histoire "officiel" de son pays tout en rappelant que la violence et l'horreur était des deux cotés.

yves a dit…

Ouais, bon concentré de tous les bouts d'idée qui se trouvent dans ce film sur ce hors la loi hors normes