Les déserts de John Ford



Dire aussi que les plus beaux films de Ford parlent de séparations, de déracinement, d’exil. De retrait pour ce qui est d’Ethan Edwards dans La prisonnière du désert. Le cinéma de John Ford est fait de soustractions donc de douleurs, celui de son ami Howard Hawks est fait d’additions donc d’excitations.
Dire encore que The Searchers raconte comment, depuis le seuil d’une maison, île d’humanité au milieu d’un grand nulle part ou du grand Tout, oasis de vie au milieu d’une mer de silences et de splendeurs immobiles, on regarde un cavalier partir, puis revenir. Non le contraire.

“La dernière fois que je suis allé le voir, nous nous sommes dit au revoir. Puis je suis sorti et je me suis arrêté pour parler à sa fille, et il a crié : “Howard est-il déjà parti ?”. Elle a répondu que non. “Je veux le voir !” Il m’a lancé : “Je veux te dire au revoir.” Je l’ai quitté à nouveau. Il a encore crié : “Est-il toujours là ?” Et il a ajouté : “Je veux te dire adieu.” Alors j’ai appelé Duke Wayne. “Duke”, lui ai-je dit, “tu ferais mieux d’y aller. Je crois qu’il va mourir.” Duke a pris un hélicoptère et il y est allé, et le jour suivant il est mort…” : Howard Hawks à propos de John Ford, Hawks par Hawks, Joseph Mc Bride.

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