Histoires de fantômes



Voir/écouter Nang Nak de Nonzee Nimibutr, Chatchai Pongprapapan et Pakawat Waitwittaya pour dire que filmer des fantômes ou des futurs fantômes est l'une des plus belles vertus du cinéma. Voir/écouter aussi : Battlestar Galactica de Ronald D. Moore, Bear McCreary et Philip Glass dédiée à la Terre et au Soleil, à Hera 150000 ans plus tard, à Boomer et Nathalie Six, à Leoben et Daniel, à Aurora et Helios, à l'hybride et à toutes les poupées avortées, Blade Runner de Ridley Scott et Philip K. Dick dédié au(x) fantôme(s) de Rachel et de Batty, aux jouets de J.F Sebastian et à toutes les poupées érotiques des colonies de l’espace, Cowboy Bebop de Shinichiro Watanabe et Yôko Kanno dédiée à Faye Valentine et Françoise, La complainte du sentier et Le monde d'Apu de Satyajit Ray et Rabindranâth Tagore dédiée aux lucioles, à Durga et Aparna, La mort dans la peau de Paul Greengrass dédié aux fantômes de Jason Bourne, Ghost in the shell de Mamoru Oshii et Kenji Kawai dédié au ghost de Motoko, Tarzan l’homme-singe de W.S Van Dyke et d’Edgar Rice Burroughs dédié au cimetière des éléphants, Angel de Joss Whedon dédié à Fred et Wesley, et aux soi-disants mensonges d’Illyria, The Wire de David Simon et Ed Burns dédié au fantôme de Baltimore, Omar Little, Elephant de Gus Van Sant et Beethoven dédié aux fantômes de Colombine, Shining de Stanley Kubrick dédié aux fantômes lubriques dudit Kubrick, Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata “et” Akiyuki Nosaka dédié à Setsuko et Seita, Buffy contre les vampires de Joss Whedon dédiée aux fantômes de Spike et Buffy, Little Big Man d’Arthur Penn dédié aux Cheyennes et à Rayon de soleil, Collateral de Michael Mann dédié aux fantômes venus du désert, Trauma de Dario Argento et Pino Donaggio dédié à l'Ophélie de Rimbaud et aux lunatiques de Baudelaire, Love Letter de Shunji Iwai et Remedios dédié au fantôme gelé de Fujii Itsuki et d’Hiroko Watanabe, Akira de Katsuhiro Otomo dédié à Akira et Tetsuo, Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, Kyle Eastwood et Iris Yamashita dédié aux nombreux fantômes d’Iwo Jima, L’enfance d’Ivan et Solaris d’Andreï “et” Arseni Tarkovski dédié à un arbre et à un océan, Le narcisse noir de Michael Powell, Emeric Pressburger, Alfred Junge, Brian Easdale et Jack Cardiff dédié aux voix érotiques de l’Inde quatre fois millénaire, The Lovers de Tsui Hark et James Wong dédié à un couple de papillons raconté par des cigales, Mohabbatein d’Aditya Chopra dédié au fantôme de Raj Aryan, Martyrs de Pascal Laugier dédié aux fantômes d'Anna et Lucie, L’intendant Sansho, Les contes de la lune vague après la pluie, L’impératrice Yang Kwei-fei, Les amants crucifiés de Kenji Mizoguchi, Fumio Hayasaka, Kazuo Miyagawa ou Kôhei Sugiyama dédiés à Anju, à la princesse Wakasa, à Miyagi, à Yang Kwei-fei, à O-San, La source thermale d’Akitsu de Kijû Yoshida et Mariko Okada dédié aux amantes sacrifiées de Mizoguchi, Samurai Champloo de Shinichiro Watanabe dédiée aux héroïnes de Mizoguchi, aux ronins de Kurosawa, au samouraï qui sent le tournesol, Pulp Fiction de Quentin Tarantino dédié à Mia Wallace et aux fantômes dudit Tarantino, Kill Bill de Quentin Tarantino, Ennio Morricone, Meiko Kaji et RZA, dédié à Beatrix Kiddo, à Lady Snowblood et Sasori, Elle s’appelait Scorpion de Shunya Ito dédié aux fantômes libérés par Matsu, Baby Cart, l'âme d'un père, le coeur d'un fils et le paradis blanc de l'enfer de Buichi Saito et Yoshiyuki Kuroda dédiés aux fantômes d'Itto Ogami, Kwaïdan de Masaki Kobayashi, Yoshio Miyajima et Tôru Takemitsu dédié à Michiyo, à la femme des neiges, et aux fantômes flamboyants d’un clan déchu, Barry Lyndon de Stanley Kubrick et John Alcott dédié à la spectrale comtesse de Lyndon, Cold Case dédiée à Daniela, Les sept samouraïs d’Akira Kurosawa dédié à la femme perdue de Rikichi, et aux nobles samouraïs tombés, Barberousse d'Akira Kurosawa dédié à la mariée, Titanic de James Cameron et James Horner dédié aux fantômes sous-marins dudit Titanic, Memories de Koji Morimoto, Katsuhiro Otomo, Satoshi Kon, Yôko Kanno et Puccini dédié aux roses magnétiques, Innocence de Mamoru Oshii et Kenji Kawai dédié à celles qui n'entendent et ne répondent plus, la saga des morts-vivants de George A. Romero dédiée aux ghosts des Bub et des Big Daddy, Body Snatchers d’Abel Ferrara et Bojan Bazelli dédiés aux ombres résistantes, Public Enemies de Michael Mann, Elliot Goldenthal, Otis Taylor, et Dante Spinotti dédié au fantôme de Billie Frechette et aux dix millions d’esclaves d’Otis, Babylon 5 de J. Michael Straczinski dédiée à Marcus, G'Kar, Lyta, Kosh et Sheridan, les westerns de John Ford, de John Wayne et de Richard Widmark dédiés aux absentes.
Tout çà pour dire aussi : voir tous ces films de fantômes et mourir, pour renaître, non soustrait mais enrichi, greffé, intensifié. Tout çà pour dire aussi que les fantômes comptent bien souvent autant que les vivants. Tout çà pour dire que nos fantômes à nous ont bien souvent des noms de séries télé ou de cinéma, d’Orient ou d’Occident, et parfois d’étranges no man’s land, s’appellent Faye Valentine ou Akitsu, Durga ou Hera, G'kar ou Omar Little, ont des yeux de Chine ou d’Inde, du pays du soleil levant ou d’Amérique, ont la langue qui chante d’antiques légendes ou murmure des peurs oubliées, habitent des galaxies lointaines ou toutes proches, les déserts de John Ford, les jungles d’Afrique ou d’Asie, les guettos d’Amérique ou le Los Angeles de 2019, les palais moghols ou d’Egypte. Leurs voix révolues ou pas encore entendues continuent de susurrer à nos sens nostalgiques ou voués à l’anticipation mille et une douleurs, mille et un tourments, mille et un plaisirs, mille et une saveurs, nous permettent de partager aussi bien le paradis de Maureen O’ Sullivan et Johnny Weissmuller, celui de Sharon et Helo, que de tutoyer les étoiles avec les Réplicants ou les Cylons.

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