Aux temps frivoles



Aux voix, aux soupirs,
des temps lointains ou des confins de l'Univers,
le poète est obligé.
Aux voix perdues des antiques rivages, comme aux voix langoureuses des quantiques archipels,
le poète, la nuit, s’enivre.
Aux soupirs des sirènes du Nil ou du Sarasvatî, comme aux soupirs des sirènes des Mondes inconnus, à leurs chants mélodieux et captivants qui, dans les coeurs des voyageurs, échouent pour, jamais, ne s’y retirer,
le poète, envoûté, s’abandonne tout entier.
A l’heure misérable où le voile, de morte rigueur, soustrait et ne dit Rien,
le poète se souvient
des voiles pleins de charmes et d’éclats qui, il y a trois mille ans, ne soustrayaient pas au monde la grâce magique de ses sirènes, dévoilant de fiers monts et de fières merveilles, de splendides chairs blanches comme de splendides chairs cuivrées ou dorées.
A l’heure moyen-âgeuse où le voile exclut et interdit, efface et désintègre, où toute prétendue pudeur n'est qu'alibi pour rester dans l'ombre "de",
le poète rêve les rêves des papillons et les voiles érotiques de Demain ou D’ailleurs.
Aux temps des lions qui, aux pieds des gazelles, ne leur faisaient pas ombrages.
A l’heure où la sensualité entend être reprimée,
le poète pense aux temps où la flûte guidait les pas de danses célestes des maharis ou des devadasi.
Aux temps de Khajuraho.
Aux temps anciens où le Ciel, multiple et léger, n’imposait d’apparences et de rigueurs insensées.
Aux temps futurs où les Voyageurs de l’Infini, attirés par des mélodies inconnues, viendront à nouveau échouer aux pieds d’autres Circé, d’autres Durga.
Aux temps lyriques et frivoles.
Aux temps extatiques.

A toutes les Circé. A toutes les Durga.

2 commentaires:

http://arbrealettres.wordpress.com a dit…

tu en as des blogs toi dis-donc!!! (((-:

Rom a dit…

A regret, çà fait un moment que je ne me suis pas occupé de mes blogs sur les séries.