A la recherche de l'Eve future



Quelle est la beauté du cinéma d’Oshii et de Ghost in the shell en particulier ? Un désir de fusion, pour combler une volonté d’accomplissement, donc d’élévation, et au-delà, à l’instar de Tarkovski, un désir d’embrasser la grâce des anges. Autrement dit de faire l’amour. En premier lieu avec soi-même. Pouvoir embrasser son reflet avant de pouvoir se mélanger à l’autre et au cosmos, sans préjudice de son intégrité. D’abord, désir de cinéma, désir esthétique, désir pour Oshii de fusionner avec son art. Où il est dit que le cinéaste imprime dans chaque morceau de pellicule et dans chaque note, le reflet de son âme mélancolique. Velléité d’accomplissement à travers un art donc, et bien-sûr pour les personnages de ses films. Des personnages en proie à un malaise existentiel, à un manque, à une absence, à une solitude. Dans Ghost in the shell, désir pleinement assouvi par l’union métaphysique de Motoko Kusanagi et du maître des poupées, scellée, sanctifiée par l’apparition d’un ange, au moment même où leurs véhicules, devenus désormais obsolètes, sont détruits. Une union également cyberspatiale pour libérer une énergie supérieure et considérable. Dans Avalon, désir assouvi quand Ash gagne son droit d’accès à l’île mythique éponyme. Dans Innocence, désir laissé en suspens, mais plus que jamais explicite lorsque la chanson du générique de fin entonne “Follow me”, priant ainsi Batou de la rejoindre, elle, Motoko, l’Eve future.

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