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Voyageur, entends-tu la Grande Voix de l’Univers ?
Qu’il n’est de frontières pour étouffer la quête des âmes libertines, ni de vents pour en emporter le souffle flamboyant, elles, qui depuis la nuit des temps, aiment à endosser des corps fragiles et à vivre des joies mutines, les danses et les orgies de l’Inde des Dieux bénie, le premier baiser qui affole le sein nubile, à éprouver et éclairer toute douleur aussi, Anne qui pour retrouver le sourire des cieux tend un cou gracieux, un âne qui avant de quitter le monde méchant des hommes cherche la caresse d’un troupeau de brebis, une petite fille qui, à sa poupée de chiffon, avant de s’éteindre, dit comme à un ange, adieu,
Qu’il n’est de mesures pour en mesurer les extases, ni de musiques pour en consoler, elles, qui entendent et s’enivrent de tous charmes, le tigre qui gronde sa compagne, les orgasmes des jeunes filles qui parlent aux Anges, la mésange qui parle à Dieu,
Qu’il n’est de commandements pour en reprimer les ivresses, elles, qui avec délice, font l’amour à toute soeur ou à toute beauté éclair,
Qu’il n’est créatures dans le Cosmos infini à n'en accueillir, ni de solitudes pour en languir les songes, elles, qui avec malice, égaient les rêves des mortels solitaires,
Qu’il n’est d’ombres pour en limiter la vision, ni de lumière pour en brider la vitesse, elles, qui d’un battement d’ailes, et pour s’enquerir de tout secret, l’hirondelle qui fait son nid, l’étoile qui fait son lit, surpassent les vaisseaux les plus rapides, les civilisations les plus volages,
Qu’il n’est d’orages pour en effrayer, elles qui, sans ciller, voient les soleils exploser et les mondes s’effondrer,
Qu’il n’est de gouffres impossibles pour elles de sonder, ni d'immensités impossibles d'explorer, elles qui, à n’en perdre jamais haleine, courent les Nébuleuses et les Galaxies pour de fabuleux rayons s'éblouir,
Qu’il n’est d’atmosphères dans l’univers pour en retenir, ni soleil pour en consumer les ailes, car les astres, pour une âme folâtre, sont pareils aux fleurs pour le papillon.

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