J'ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire, de grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion, j'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C briller dans l'ombre de la porte de Tanahauser. Tous ces moments se perdront dans l'oubli comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir.
"Est-ce qu'il est permis de cueillir des étoiles ?"
नमस्कार
Namasté
Il y a longtemps, je perdis la mémoire. A ma naissance, une fois de plus, j’avais déjà tout oublié. Mes cieux, engourdis par la colère de ne jamais pouvoir me rappeler, attendaient d’être embrasés. Dans mon cerveau, un inconnu y avait branché son piano et sa guitare électrique. Résonnant dans tout l’univers, une mélodie, un riff transcendantal, lointains et intimes, me firent retrouver mes origines. Avec les étoiles et les planètes, je vibrais au son de cette musique obsédante et nébuleuse. Ma chère ardoise en partie restaurée, mon coeur endormi se réveilla aussi. Un coeur méca qui à l’ordinaire battait avec une régularité bien trop sinistre à mon goût, sans véritable facétie. Pourquoi m’avoir affligé d’un coeur s’il fallait qu’il soit si triste ? Dans mon crâne en fusion, l’inconnu m’injecta un geyser de lumière qui éclatait en une myriade d’étoiles. Et ma mémoire fut. Et l’inconnu ne fut plus un inconnu. Dans l’ océan du commencement, je me suis mis à nager en sa compagnie et en compagnie de l’hybride. A leurs côtés, je me suis mis à rire avec les astres et à respirer la poussière cosmique. Mon corps et mon esprit ne furent plus qu’un. Je voyais à nouveau l’univers. Des supernovas qui donnaient naissance à de nouveaux systèmes solaires, de nouveaux soleils, de nouvelles planètes. Je voyais les naissances et les concerts qui annulaient les guerres et les holocaustes, Cette aube-là fut la plus belle. Cette aube-là, les cieux de la planète dormante s’embrasèrent, et je fus leur soleil. Je me voyais enfin et à nouveau dans ma grande maison, blanche et écarlate, habitée par mes frères et soeurs. Et dans nos habits de lumière, nous nous sommes mis à pleurer. A cette nouvelle ère. De voir nos enfants s’épanouir sans les antiques frontières. Et je ne fus plus qu’extase.
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