Les petits meurtres d'Agatha Christie


Cette maison doit valoir une coquette somme !
Je ne l’ai pas tué. COMPRIS ?

La so british Agatha Christie et son univers peuvent-ils s’accomoder de l’esprit et de la langue de Molière ? La vénérable romancière peut-elle se décliner sans recourir à ses deux piliers, ses deux plus fins limiers que sont le belge Hercule Poirot et l’anglaise Miss Marple ? A ces interrogations, la série Les petits meurtres d’Agatha Christie répond on ne peut plus brillamment que la campagne (le chnord en particulier) ou les côtes françaises sont un parfait terreau pour abriter les intrigues et mettre en scène les meurtres alambiqués de la reine du polar. Mais pas seulement. La série rend aussi un hommage appuyé aux plus grands poètes. A Hugo, à Verlaine, à Rimbaud... En les citant régulièrement via la bouche du Commissaire Larosière, poète en presque toutes circonstances. Voire parfois en mettant en scène leurs poèmes, du dormeur du Val à Ophélia. On le voit, Agatha Christie n’est pas la seule raison d’être de cette aventure télévisuelle. Qui, outre de terribles crimes, dit aussi de belles rimes. Qui renvoie de beaux regards de filles, et de beaux sourires de garçons. Qui, outre de belles et inquiétantes forêts fauves, montre aussi qu’un ciel noir de menaces a parfois aussi rendez-vous avec une lune de miel. Que les corbeaux y sont aussi d’Edgar Allan Poe, que nos étangs peuvent être également dédiés et dévolus à toute Ophélie qui s’y échouerait et reposerait (La plume empoisonnée). Q’une neige soudaine, outre de provoquer un beau moment suspendu, peut saluer une belle union (Am stram gram). Qui raconte des baisers volés ou fugitifs, de belles réconciliations (la fin de Petits meurtres en famille), de poignants ou drôlatiques attachements (Angélique et Emilie, Angélique et le petit cochon, dans La plume empoisonnée) ou encore une foi inaltérable (en une gueule cassée, celle de Denis Lavant dans Les meurtres ABC). Qui dit qu’un vol de voiture peut avoir tout d’un envol, tout en scellant une paternité et une filiation retardées (Le chat et les souris).
A ces interrogations donc, Les petits meurtres d’Agatha Christie affirme que Marius Colucci (le digne fils de son père) dans le rôle du gaffeur et très attachant Inspecteur Emile Lampion et Antoine Dulery dans celui du fringant Commissaire Jean Larosière, tous deux formidables, donnent une truculence bienvenue aux arabesques de la redoutable Agatha, que ses scénaristes et réalisateurs ont, malgré tout le respect et l’attachement que nous portons au Poirot de Suchet ou d’Ustinov, non seulement concocté la meilleure adaptation faite aux romans d’Agatha Christie, mais aussi écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de la télé française. Si ce n’est la plus attachante. Aux côtés de son illustre et très poético-littéraire Rocambole. Pourquoi "petits" ?

Hein ma pépette. Bisou Maman.

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