Profondo rosso


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Nous dit le générique de fin du maître giallo. Qui, davantage qu’un simple reflet, fige un regard à l’envers. La vérité est souvent à cette condition, nous dit ainsi Dario Argento, pour qui la quête et ses aléas/affres disent et valent plus que la révélation.
D’avoir dans Profondo rosso à mettre en scène une série de crimes perpetrés pour continuer à en cacher un seul, Argento davantage ici préfère l’ivresse de la recherche de la vérité, celle qui, au commencement dans un théatre, se révèle à une médium, celle qui, plus tard, au rythme stressant et entraînant des Goblins conduit le héros, un pianiste, à explorer et fouiller une villa longtemps abandonnée à son horrible secret, celle aussi qui entend percer le pourquoi d’une comptine pour enfants entendue avant que le tueur ne tente de le réduire au silence, celle encore qui lui permet, en deux temps, la découverte d’un dessin infantile racontant un traumatisme, celle qui disparait et réapparaît au gré d’une buée, celle enfin qui lui avait échappé dès le début de l’histoire. D’avoir pris un miroir, et donc son reflet, pour un tableau parmi de nombreux autres, la vérité lui était apparue, comme au spectateur, lors des premières minutes du métrage. De confirmer ainsi pour Argento, outre qu’il eut été préjudiciable au héros, et bien-sûr au film, de s’affranchir de la suite, que la vérité révélée importait infiniment moins que l’investigation onirique et déambulatoire de son héros. D’ajouter donc pour le cinéaste qui va suivre que la vision fantastique du monde importe bien davantage que la froide et morne réalité présumée. Suspiria et Inferno en apporteront une preuve éclatante.

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