Coffy





Avant d'incarner la rutilante Jackie Brown pour le compte de Tarantino, la plantureuse Pam Grier fut propulsée icône de la blaxploitation en interprétant l'explosive Coffy, version féminine et black de Paul Kersey, justicier de nombreuses villes et de nombreux quartiers.
Avec un sens de la communauté qui lui est propre, et depuis que sa petite soeur vit dans un autre monde pour avoir goûté à la blanche, la panthère noire de Harlem est partie en guerre contre tous ceux qui nuisent à ses contemporains de couleur : macs, mafiosi, politiciens véreux, dealers.
Sa soif de vengeance et de justice, elle l'assouvit dès les premières minutes du film en faisant exploser la tête d'un libidineux trafiquant d'héroïne et en injectant une dose excessive de ladite dope à l'un de ses revendeurs. Non sans lui avoir tenu au préalable un discours pré-tarantinesque : si çà te tue, tu franchiras les portes du paradis avec le plus grand putain de sourire que Saint Pierre ait jamais vu. Le reste est à l'avenant, le film funky de Jack Hill nous plonge dans le monde des putes de luxe qui, très déshabillées, attendent lascivement le notable client, des boîtes à strip tease où l'on exhibe aux jolies filles des crans d'arrêt en lieu et place de ses mâles attributs, des maqueraux hauts en couleurs typiques des seventies.
Coffy s'épanouit surtout à travers son actrice. Dans sa haute capacité à payer de sa personne (entendre sa mirobolante plastique) pour satisfaire les envies voyeuristes du spectateur. Dans celle de son héroïne pour parvenir à ses fins, son opulence corporelle servant autant comme moyen de diversion que de cache pour objets coupants ou perforants.
Le film tient assurément les promesses de son générique : Coffy a bel et bien la couleur de son public, et ressent bel et bien profondément...

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